Depuis que j'entendais tous mes amis me parler de ce pays connu pour ses cultures liées aux religions, aux mythes, à la nourriture et au Kamasutra, je fus curieux de vivre mon expérience indienne et par chance, les Dieux m'expédièrent en terre inconnue.

Tout va très vite dans l'organisation de ce trip et je me retrouve le 23 février 2011 à 3h du matin, à l'aéroport de Bombay, encore endormi par ces heures de vols. Tant bien que mal, je franchis la frontière et me rends à l'hôtel accompagné d'Abhijeet “Bong” Burman. S'ensuit un test initiatique à l'auto-rickshaw qui file à toute vitesse dans les rues de la vaste ville. Je vis le réel de mes rêves ; enfin je suis à Bombay. Arrivé à 5h du matin, je m'effondre sur le lit de l'hôtel, déjà impressionné par la ville. 

9h plus tard et un décalage horaire, nous nous rendons au 8ème trophée de Girivihar, une compétition internationale où se mêlent Coréens, Japonais, Israéliens, Suisses, Français et Indiens. La motivation des grimpeurs indiens est sans failles. Souvenez-vous de cette fameuse vidéo du grimpeur “fou”, Jyotira qui sautille de prise en prise sur une muraille. Presque pareil, ils ont une escalade, parfois maladroite mais très légère, ils tirent sur toutes les prises (parfois inexistantes), s'encouragent par des “full-power” et dansent aussi lors des finales. Au moins, on ne s'ennuie pas comme au criket ! Côté compétition, je suis surpris par le professionnalisme des ouvreurs, sous la houlette de Vaibha, qui ont créé des problèmes originaux pour des grimpeurs qui n'ont pas vraiment de culture escalade. Justement maintenant, ils écrivent leur histoire et me la raconte.

Le vainqueur Ankti Sharma

 Mais avant, je me rends à Puna, accompagné de Kunal et Viraj pour partager un moment avec une O.N.G apellée “ NIMALAYA TRUST” dont le but principal est de créer des emplois pour les personnes handicapées. Ma visite semblait vraiment importante pour les adhérents mais au delà, c'est leur gentillesse et leur humilité qui m'ont bouleversé. J'ai compris plus tard lors de l'initiation escalade comment avec si peu de moyens, on peut engendrer du bonheur. A tel point, que certains veulent essayer cette nouvelle discipline. Après de bons échanges avec chacun, je repars avec mélancolie et je rejoins le groupe avec qui je partirais à Pachmari. Ce lieu se trouve dans l'état de Madhya Pradesh et offre pas mal de falaises encore vierges à explorer. Nous nous rendons à la gare de Bombay par un petit voyage de 14h avec ses lots de surprises comme des appels au “Chai” toutes les deux heures ou bien des visites nocturnes par des “lady boys”. Damned ! A l'arrivée à Patchmari, pendant que nous attendions sagement les taxis, certains me scrutaient pendant 5 min tout en faisant des commentaires ou prenaient des photos. En fait, les personnes handicapées n'ont pas vraiment d'amis ; dans le sens où être sociable est une chose rare. Alors, j'allais à leur rencontre. Finalement avec des sourires, on a fini par se serrer les mains. Les premiers lacets de route s'effectuent à vive allure – à l'indienne- et je découvre avec des yeux d'enfant tous ces singes qui traversent les routes au péril de leur vie pour tenter de voler des fruits aux commerçants. A peine les affaires déposées, nous prenons un repas pour combler nos appétits. Alors que tous se régalaient des sauces épicées, je traînais à finir mon assiette. C'est alors que Sharad, photographe officiel, me demande si un autre plat ne serait pas mieux pour moi, me voyant tomber des perles de sueur. Gentiment, je refuse pour ne pas être un bon occidental. Mais il revient à la charge 5 min plus tard avec de la crème fraîche afin d'atténuer les épices. Un peu honteux, je me serre mais visiblement, tous les indiens se servent aussi de cette potion miracle. En fait, personne ne voulait avouer que les plats étaient aussi puissants pour eux. Marrant ces indiens !

Le lendemain, nous parcourons le site d'escalade en voie d'équipement et par chance, quelques petits blocs se trouvent sur les côtés. C'est là qu'accompagné de Martin, le français, nous apercevons un bon dévers de 45° sans traces de magnésie. Comment est-ce possible sans traces de magnésie ? En une après-midi, nous ouvrons 3 passages, bien à la fraîche. Nous regardons sournoisement Vaibha, sous un soleil de plomb, qui équipait une belle voie en 7b que tous les courageux essaieront en fin de journée. Satisfait de notre découverte, je propose à tout le groupe de venir résoudre les problèmes. Un peu trop enthousiaste, parfois, les indiens envoient de gros ballants qui sont en générale mal venus. Alors, après une petite séance sur l'art de la parade, ils prennent conscience que le bloc est une discipline risquée et le “n'importe quoi” n'existe pas. On n'est pas dans un gymnase !

Bloc à Pachmari 

Le jour de repos est bien venu car les corps sont courbaturés et la peau des doigts crie de douleur. Après quelques jours et juste le temps de cligner des yeux, mon retour à Bombay s'annonce. Et là quelle belle surprise lorsque le groupe m'offre un cadeau « d’au revoir”. C'est adorable, j'en ai la larme à l'oeil !

Je rejoins les responsables de Petzl par le train. Toujours une sacrée expérience ! Après une journée de “shopping” avec Ram Vengurlak, je me rends dans un collège où m'attendent pas moins de 300 enfants et leurs parents. La surprise est encore de taille quand je vois tous ces gestes d'accueil. Comment sans argent, on peut donner le peu que l'on possède ? Je suis intimidé ! Après une démonstration escalade, je présente mon parcours de sportif. Je vois tous ces petits yeux, grands ouverts qui me scotchent sur le sol. Ah l'innocence ! Il se fait tard, et après un très bon repas, direction l'hôtel pour recharger les batteries. Le lendemain, je me rends dans une fondation appelée “Magic Bus” qui est une organisation pour le développement du sport qui travaille avec les enfants et les jeunes des communautés marginalisées.  Ils utilisent le milieu du sport et de plein air pour les aider à découvrir et développer leur  potentiel et créer des opportunités pour un avenir meilleur.

Encore une bien belle journée mais tous les bons voyages ont une fin.

Mes impressions sur cette mission :

L'Inde est devenue indépendante après le départ des colonies britanniques en 1947. Même si aujourd'hui, l'Inde fait partie des grandes puissances émergentes aux côtés de la Chine, de la Russie et du Brésil. Elle est actuellement la onzième puissance économique du monde en valeur nominale et la quatrième en parité de pouvoir d'achat. Tout n'est que des chiffres, et il est vrai que l'Inde est un pays pauvre à la limite du supportable pour un occidental. On découvre avec stupeur l'état des maisons, des rues, des rivières... et des gens. La réalité rattrape vite la fiction et je me suis souvent interrogé “comment en 2011, on peut laisser des pays dans la misère ?”. On connaît tous la réponse... A contrario, ils ne sont pas plus heureux ou malheureux qu'un occidental puisqu'ils connaissent que cet état de faits. Alors que faire ? Ma mission était de démontrer que l'escalade – le sport- est un facteur de socialisation et d'intégration. On peut partir de rien, s'entêter à réaliser ses rêves et puis un jour avoir une satisfaction de participer au monde. La liberté est devenue chère...à eux d'écrire leur histoire.

   Une galerie est disponible sur Flickr

Philippe Ribiere

I heard from my friends, many stories about the country know for it's cultures related to religions, myths, foods and the Kamasutra. I was curious to live my own indian experience. By luck, gods sent me into the unknow country.

Everything went very fast in the organization of this trip and I found myself on the 23th february 2011 at 3am at the Bombay's aeroport, still sleepy by these flights hours. Somehow, I crossed the border and took the direction to the hotel guided by Abhjeet “Bong” Burman. First test on my nerves with a rickshaw ride wich spins at high speed though the stressts of the vast city. I saw the reality of my dreams and finally I am in Bombay. Arrived at 5am, I collapsed in bed, already impressed by the town.

9hours later and the jet-lag, we went to the 8th Trophy International Givihar Competition that combines koreans, japaneses, israeli, swiss, frenchs and indians. The motivation of the climbers in India is without flaws. Remember that the famous video of the crazy climber, Jyoti, jumping from hold to hold on a rock wall ? Indians almost climb like that, sometimes awkward but very light, they pull on all the holds (sometimes nonexistent), cheered by “full-power” and dance during the finals. At least, it's never boaring (as the cricket competitions). I am surprised by the professionalism of the route setters, led by Vaibha Mehta, who created the original problems for climbers who have not a real climbing culture. They are just starting to write their history.

The winner Ankti Sharma

Before, I went to Puna, accompagned by Kunal and Viraj to share a moment with an NGO called “NIMALY TRUST” whose prupose to create jobs for the disabled. My visit seemed really important for members but beyond that, it's their kindness and humility that I impressed. I understood later during the climbing initiation to them “how with so little capacity they could reach the happiness ?”. They liked it so much, that some want to really try the new discipline. After a good exchange with everyone, I left with sadness and to join the group with I would go to Pachmari. This place is located in the state of Madhya Pradesh and offer many virgin cliffs to explore. We go to the train station of Bombay for 14h trip with lots of surprises like calls for “Chaï” every two hours or in the night, the visit by the “lady-boys”. Damned ! On arrival at Pachmari, while we were waiting for the taxi, some people were scrutinzing me every 5 minutes, making comments or taking photos. In fact, in India, the handicap peoples don't really have friends in the sense that being sociable is a rare thing. So I went to meet them and finally whith smiles, we ended up shaking hands. The first laces of the road were performed at a fast pace -the indian's way – and I discovered with the child's eyes all these monkeys crossing the road at the risk of their lives to try to steal fruits of traders. Just as we had dropped the luggages, we went to make a meal. So all feasted on spicy sauces, I was hanging out to finish my plate. That was when Sharad – official photographer- wondering if an other food would be better for me, seeing me with dripping with beads sweat. Gently, I refuse trying to not be a good westerner, I obey and indians also use this miracle potion. In fact, nobody would not admit that the food were too powerfull for them. Funny Indians !

The next day, we traveled to the climbing site and start looking for news projects. Luckly, some boulders are oon the side. With Martin, I spot a good roof of 45° and no marks of the chalk. How it's possible ? In one afternoon, we set three new problems, nice and fresh in the shade. Sarcastly, we look Vaibha who is under a strong sun, sweats to bolding up a new 7b that al braves will attempt later. Satisfate with our discovery, I suggest at the whole vgoupe to come over to solve the problems. A little bit so enthusiastics, sometimes, Indians start on high balls that are generally unwelcome. So after a short session on the art of the spotting, they realize that the bouldering is a risky subject. We are not in the gym !

Bouldering at Pachmari 

The next day is a welcomed rest, because bodies are aching and the shredded skin of the fingers screams of pain. After fews days and just the time to blink my eyes, I returned to Bombay. And what is a beautiful surprise when the groupe offered me a present of “goodbye”. I still have that the tears on my cheeks. I joined the officials from Petzl by the train. Always in incredible epic experience ! After a day of “shopping” with Ram Vengurlak, I go to the college where were waiting for me at least 300 children and their parents. The surprise is huge in size when I see all these kids welcome me as a very special guest. Waouw, how without money, we can give a little we have ? I am intimided ! After the climbing demonstration, I present my climber's life and my experience and I saw all these eyes wide open starting at me. Ah innocence ! It's getting late and after a good diner, I go to sleep. The next, I went to a foundation called “MAGIC BUS” wich is an organization for te development of sport that works with childrens and youth from marginalized communities. They use the community sports and outdoor activities to help them to discover and to develop their potential and to create opportunities for a better future. Another beautiful day but all good trips come to the end.

Schoolchildren...


My impressions about this mission :

Indian became independent after the departure of the British colonies in 1947. Even if today, India is among the major powers emerging along side China, Russia and Brazil. It is currently the eleventh largest economy in nominal and the fourth in parity purchassing power. All that is numbers, and it's true that the India is poor country on the edge of supportable for a westerner. We discover with astonishment the state of the houses, streets, rivers...and peoples. The reality is catching up fast fiction and I often wondered “How in 2011, we can keep a country in the misery ?”. We all know the answer...They don't seen to be more happy or unhappy that westerns, they only know that this facts. So what ? My mission was to demonstrate that the climbing - the sport – is a factor of socialization and the integration. We can start form nothing, subbomly pursuing dreams and one day ti have the satisfaction of helping the world.

Freedom has become dear to them...to write their story.

Philippe RIBIERE

* Pictures to check HERE